Innovative City, le salon sur l’innovation au service de la ville et pour les citoyens se tenait à Nice fin juin. Start-ups et grands groupes se sont ainsi retrouvés à l’Acropolis afin de présenter leurs solutions pour l’amélioration de la qualité de vie en ville. Au cœur des débats, l’usage et l’exploitation de la donnée. Celle qui doit notamment permettre aux territoires de faire face aux enjeux de notre époque tels que le changement climatique ou le vieillissement des populations.

 
SUEZ, partenaire de l’édition 2018, a mis en perspective les contributions de l’exploitation des données de l’eau, dans le cadre d’une conférence sur le thème de la gestion des risques et de la résilience des villes. À travers divers témoignages, les intervenants ont révélé comment les données apportent un bénéfice réel et concret à leurs enjeux territoriaux et sociétaux.
 

L’exemple de Malte ou comment l’usage de la donnée modère les conséquences du stress hydrique sur l’île

Nappes phréatiques inexploitables, absence de lac ou de rivière, la configuration unique en Europe de l’île de Malte confronte ce petit territoire touristique à d’importants problèmes de manque d’eau. Bien que coûteux, le dessalement est ainsi le seul moyen de production d’eau potable. Cependant, en 2010, alors que la production est au plus haut, l’eau semble ne pas parvenir au consommateur. La raison ? Des fuites d’eau importantes sur le réseau de distribution.
 
Pour enrayer les conséquences de cette vétusté, le renouvellement des compteurs traditionnels et l’installation de plus de 250 000 compteurs communicants a été la première étape. Ce déploiement à grande échelle a permis de localiser les fuites et d’intervenir localement pour les réparer. Dans un second temps, les données de consommation collectées et analysées quotidiennement par le service de l’eau ont permis d’anticiper la demande et parallèlement, d’adapter la gestion du réseau en fonction des besoins. « Le déploiement de compteurs intelligents a eu un impact positif sur nos activités. Aujourd’hui, nous prévoyons des développements de logiciels afin d’utiliser davantage la donnée collectée » développe Luke Pace, responsable du département comptage à la Water Services Corporation de Malte.
 

Des données pour favoriser le maintien des séniors à domicile

Les données collectées à partir de compteurs communicants offrent également de nouvelles perspectives en matière de services aux citoyens. Parfois de manière inattendue comme en témoigne l’expérience relatée par Audrey Bel, directrice générale du Centre d’Innovation et d’Usages en Santé de Nice, et Marylise Pruvot, directrice de la résidence pour personnes âgées de Saint Jean d’Angély. Menée auprès d’une vingtaine de résidents, une expérimentation de la solution ON’connect™ generation a démontré comment les données de consommation d’eau sont un véritable indicateur pour le suivi des personnes âgées : hygiène, fréquence des repas ou qualité du sommeil, l’eau est un témoin discret de nos habitudes. Les consommations d’eau analysées quotidiennement permettent de modéliser les comportements, et ainsi déceler les changements d’habitudes des résidents. Par exemple, le test mené au sein de la résidence a permis de révéler des cas d’insomnie. Des résultats prometteurs dont les perspectives d’interprétation pourraient être encore plus larges cars, selon Audrey Bel « un tel procédé pourrait permettre de prévenir des maladies telles que l’Alzheimer, dont les premiers symptômes sont l’inversion du jour et de la nuit ».
 
Ces deux exemples témoignent de la véritable intelligence de la « Smart City » qui se révèle davantage dans notre capacité à ne plus réparer ou atténuer les conséquences d’un phénomène, mais plutôt à les anticiper afin d’en limiter les impacts négatifs pour améliorer la qualité de vie de chacun et satisfaire les besoins spécifiques de chaque territoire.