En ce début d’année 2021, la panne générale d’électricité et d’eau potable à Austin replace au cœur des préoccupations les enjeux de résilience des villes d’aujourd’hui et de demain, qu’importent leurs tailles. Seront-t-elles capables de subvenir aux besoins d’une population en perpétuelle augmentation ? Et ce même lors de possibles crises sanitaires et événements climatiques exceptionnels ? Face à cette réalité, 48% des collectivités envisagent des projets de « ville intelligente et résiliente », elles ne sont pourtant que 16% à avoir entamé une démarche. Voici quelques pistes de réflexions accessibles aux collectivités de toutes les dimensions.

 

Densifier l'offre de logements

Si plus de la moitié des Français aspirent à aller « vivre ailleurs » depuis la crise sanitaire, ce phénomène ne remet pas en cause l’augmentation démographique en zone urbaine. La concentration en ville des activités a ses avantages en réunissant à la fois les emplois, les loisirs, la culture, etc. Les villes continueront d’attirer une population supérieure à celle qui les quitterait potentiellement. Pour faire face à cet essor démographique en évitant l’étalement urbain, les villes doivent s’adapter et densifier leur offre de logements. Mais attention, la construction de nouveaux immeubles participe à la formation des îlots de chaleur urbains. Les surfaces composées de matières minérales comme les parkings asphaltés ou les murs d’immeubles en brique, absorbent les rayons de soleil et émettent de la chaleur.

 

Valoriser les espaces végétalisés 

Pour remédier à ce phénomène de réchauffement urbain, les zones végétalisées prendront de la valeur. C’est déjà ce qui a pu être observé à Angers : consciente de l’effet des espaces verts sur l’attractivité de la ville et la baisse des températures, la métropole a placé la végétalisation comme un des axes majeurs de son projet Smart City. Lyon aussi se met au vert. En fin 2019, débutaient les travaux de végétalisation des artères principales du centre-ville. Avec plus de 2 000m2 végétalisés au total, la ville indique sur son site « Les arbres contribueront à ombrager et à rendre plus agréables ces rues commerçantes pour les passants et les riverains lors des fortes chaleurs". Les espaces verts deviennent alors une solution curative au réchauffement urbain.

 

Réduire les consommations énergétiques

La concentration des activités, et par conséquent des consommations énergétiques, reste la première cause de l’augmentation des températures.  A ce titre, chaque citoyen a un rôle à jouer dans la réduction des consommations de son territoire. Des applications comme ON’connect™ coach peuvent les accompagner dans la réduction de leurs consommations en eau et énergies afin de les intégrer dans une démarche d’écocitoyenneté, aussi bénéfique pour la maîtrise des dépenses. Ciblées par le Décret Tertiaire, les consommations énergétiques des bâtiments constituent une première économie possible, non négligeable. Contraintes à ces objectifs ambitieux, les entreprises et organisations publiques définissent des stratégies Smart Building responsables, avec un objectif en ligne de mire : la neutralité de l’empreinte carbone des bâtiments.

 

Assurer une eau potable saine et de qualité

Sujet d’actualité avec la crise sanitaire de la Covid-19, la qualité de l’eau est une préoccupation des usagers, des services de l’eau et des autorités publiques. Pour maintenir un niveau de confiance maximal dans l’eau du robinet, des outils d’information peuvent être mis à disposition des consommateurs. Stabilité physicochimique et bactériologique, les critères de qualité peuvent être suivis en temps réel afin d’éviter notamment la propagation d’une pollution accidentelle ou malveillante de l’eau potable dans les réseaux de distribution.

 

Améliorer le rendement du réseau d'eau potable 

Les réseaux d’eau âgés en moyenne de 50 ans en France sont vétustes et responsables de nombreuses fuites d’eau. En moyenne, 1/5e de l’eau produite est perdue dans les canalisations. Au sein des villes, cela engendre des travaux sur la voirie, gênant la circulation et impactant le budget des collectivités. La localisation efficace des fuites à travers des outils intelligents de gestion des réseaux rationalise les interventions terrain. L’amélioration du rendement du réseau d’eau potable peut être réalisée en quelques étapes par les opérateurs du service grâce à l’apport des technologies de traitement des données et notamment l’utilisation de techniques d’intelligence artificielle.

 

Lutter contre les fuites invisibles au sein des bâtiments

A l’échelle d’un bâtiment, les fuites d’eau sont un véritable fléau pouvant empêcher la continuité des activités d’une entreprise et engendrer des dépenses considérables. Dans le cadre des déploiements ON’connect™ switch, les clients découvrent dès les premiers jours après installation, des fuites sur les réseaux équipés, et peuvent couper l’arrivée en eau concernée pour se prémunir d’un risque de dégâts des eaux et maîtriser leurs factures. Consciente de cet enjeu, la RATP a par ailleurs intégré la donnée de l’eau dans leur plan de transition environnementale.

 

Optimiser le nombre de camions poubelles sur les routes

Installés aux abords des communes rurales et au cœur des villes denses, les bornes d’apports volontaires permettant notamment le tri du verre et du carton sont souvent collectées à peine remplies. En suivant leur taux de remplissage en temps réel, des logiciels intelligents calculent des itinéraires de collecte optimisés afin de réduire le nombre de véhicules en circulation tout en luttant contre les dépôts sur la voie publique : c’est le choix de La Rochelle qui a divisé par deux le nombre de camions de collecte en saison estivale.

 

Diversifier l'offre de mobilité

Alors que les centres-villes se piétonisent et que les trottinettes ont déserté les rues de Paris, la ville du futur devra faciliter ses accès et multiplier les solutions de déplacement sans détériorer la qualité de vie des citadins. Un juste milieu à trouver, qui pourra être ajusté par une meilleure connaissance et anticipation des flux sur le territoire, grâce à l’utilisation de capteurs notamment. A la veille de la mise en circulation de véhicules autonomes, ceux-ci ne verront peut-être jamais les centres de nos villes du futur.

 

Souvent réservés aux Smart City, ces réflexions concernent pourtant les villes et peuvent être adressées de façon progressive, pour respecter les contraintes de chaque territoire. Mais si ces mesures nécessitent des premiers investissements, elles permettent, en de penser la ville durable de façon transversale en cassant les silos.